Élaborer un plan patrimonial qui évolue avec vous
Notre expérience dans le domaine de la planification patrimoniale nous a permis de constater que l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les particuliers consiste à trouver un équilibre entre leurs obligations financières actuelles et leur volonté de se constituer un patrimoine à long terme. Entre l’épargne pour l’achat d’un logement, la gestion de ses dettes, le financement des études et le maintien de son niveau de vie, il peut sembler difficile de donner la priorité à l’investissement pour l’avenir.
Pourtant, ceux qui réussissent sont souvent ceux qui prennent le temps d’élaborer un plan clair et structuré qui rassemble toutes ces priorités.
Élaborer un plan
Un plan patrimonial efficace peut être élaboré en trois étapes clés.
Tout d’abord, déterminez le montant que vous pouvez réellement consacrer chaque mois ou à chaque période de paie à vos objectifs financiers. Cela constituera la base de votre stratégie.
Deuxièmement, définissez clairement vos objectifs et classez-les en catégories à court, moyen et long terme. D’après notre expérience, les clients qui prennent le temps d’exprimer à la fois leurs besoins et leurs aspirations profondes ont tendance à élaborer des plans plus durables et plus motivants. Estimez le coût total de chaque objectif, puis décomposez-le en objectifs d’épargne annuels et mensuels.
Vient ensuite l’équilibre. Vos économies disponibles doivent être réparties entre ces priorités de manière à vous permettre d’atteindre vos objectifs à court terme tout en continuant à progresser vers vos objectifs à long terme, tels que la retraite. Cela nécessite souvent des compromis et une prise de décision réfléchie. Nous avons constaté que l’examen des dépenses et l’affinement d’un budget permettent souvent de dégager une capacité d’épargne supplémentaire sans impact significatif sur votre mode de vie.
Un plan bien structuré intègre également la croissance des investissements au fil du temps, vous aidant ainsi à progresser plus efficacement vers chaque objectif.
Une stratégie évolutive
Un plan patrimonial n’est pas statique : il évolue au fur et à mesure que votre vie et vos priorités changent.
D’après notre expérience, les plans les plus efficaces sont ceux qui sont réexaminés régulièrement. À mesure que certains objectifs sont atteints, comme la réalisation d’un achat ou d’un projet important, le capital précédemment alloué peut être réorienté vers d’autres priorités. Parallèlement, de nouveaux objectifs peuvent émerger, nécessitant des ajustements.
Les événements de la vie jouent également un rôle important. Les changements de revenus, la dynamique familiale ou des circonstances imprévues nécessitent souvent une réévaluation de la stratégie. Dans certains cas, une plus grande flexibilité financière permet aux clients d’accélérer la réalisation de leurs objectifs ; dans d’autres, elle exige un réajustement et une redéfinition des priorités.
Des révisions régulières permettent de s’assurer que le plan reste en phase avec des objectifs en constante évolution. Cela inclut l’ajustement des stratégies d’investissement au fil du temps — par exemple, en adoptant une approche plus prudente à mesure que vous approchez du moment où les fonds seront nécessaires.
Au-delà de l'aspect financier
Nous avons constaté que la gestion de multiples objectifs financiers sans plan clair peut entraîner un stress et une incertitude inutiles. À l’inverse, une approche structurée apporte clarté et confiance, permettant aux individus de se sentir davantage maîtres de leur avenir financier.
Au fil du temps, à mesure que des ajustements sont effectués et que les progrès sont suivis, le processus lui-même devient source d’autonomie plutôt que source de stress.
L'avantage de commencer tôt
L’une des observations les plus récurrentes issues de notre travail avec nos clients est l’avantage significatif dont bénéficient ceux qui commencent tôt. Le temps est l’un des moteurs les plus puissants de la création de richesse, permettant à l’effet des intérêts composés de jouer en votre faveur.
Même des cotisations modestes mais régulières peuvent croître de manière significative au fil du temps. Commencer tôt améliore non seulement les résultats à long terme, mais offre également une plus grande flexibilité et une meilleure résilience à mesure que la vie évolue.
Avez-vous des questions à propos d'un de ces sujets?
Cotiser au REER de son conjoint : oui ou non?
Grâce au fractionnement du revenu de pension, le conjoint ayant un revenu supérieur peut allouer au conjoint ayant un revenu moindre jusqu’à 50 % de son revenu de pension admissible, y compris les paiements provenant d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR).
Avant la mise en place de cette disposition par le gouvernement, un couple utilisait le régime enregistré d’épargne retraite (REER) de conjoint pour payer moins d’impôt pendant la retraite. Le conjoint au revenu le plus élevé y déposait des cotisations déductibles d’impôt, et les retraits étaient imposables au conjoint ayant un revenu inférieur. Mais cotiser au REER de son conjoint comporte-t-il des avantages qui ne sont pas offerts par le fractionnement du revenu de pension?
Voici trois situations où c’est bel et bien le cas.
Quand on prend sa retraite avant 65 ans. Le FERR n’est admissible au fractionnement de revenu de retraite que si son propriétaire a au moins 65 ans. Toutefois, si vous prenez votre retraite avant 65 ans, le conjoint au revenu inférieur a le droit de retirer du REER ou du FERR de conjoint, retraits qui seront donc taxés à un taux plus bas.
Quand on a encore des revenus après 71 ans. Vous devez fermer votre REER à 71 ans. Mais si vous avez encore des revenus et que votre conjoint est plus jeune, vous pouvez cotiser à son REER jusqu’à la fin de l’année de ses 71 ans.
Quand on veut améliorer le fractionnement des revenus. Grâce au fractionnement du revenu de pension, vous pouvez fractionner jusqu’à 50 % de votre revenu de pension admissible, mais quand le conjoint au revenu le plus élevé a d’autres sources de revenus, cela ne suffit pas toujours à égaliser le revenu de chacun. En revanche, il est permis de retirer du REER ou du FERR de conjoint tout montant que vous voulez et il sera imposé au taux d’imposition du conjoint au revenu inférieur.
Quand faut-il revoir son testament?
On fait son testament, on le range au bon endroit, puis… on l’oublie. Pourtant, il arrive qu’on doive le modifier parce que la vie, la sienne ou celle de quelqu’un d’autre, a changé.
Voici quatre raisons justifiant une telle mise à jour. Par ailleurs, on recommande de revoir son testament tous les trois à cinq ans.
Changements de vie majeurs. Quand votre statut matrimonial change — mariage, divorce, veuvage —, cela entraîne normalement la mise à jour de votre testament. Si un remariage crée une famille recomposée, votre testament, ou d’autres mesures en matière de succession, vous permettra de prendre soin des enfants nés d’une union antérieure.
Si l’un de vos enfants devient majeur, vous pourriez vouloir en faire votre liquidateur testamentaire — aussi appelé exécuteur testamentaire, fiduciaire successoral ou représentant personnel, selon les provinces.
Changement de bénéficiaires. Plusieurs raisons peuvent vous conduire à ajouter ou à retirer un bénéficiaire ou à modifier la valeur de l’héritage. Par exemple, vous voulez y inclure un membre de votre famille — un de vos enfants ou de vos petits-enfants, une nièce, un neveu — ou en exclure une personne décédée. Ou, après avoir fourni à l’un de vos enfants la mise de fonds pour l’achat d’une maison, vous jugez opportun de modifier son héritage. Ou, à votre retraite, vous tenez à faire un legs à une œuvre de bienfaisance.
Changement de situation financière. Si le changement est modeste, il ne vous sera sans doute pas nécessaire de revoir votre testament, mais un changement majeur pourrait l’exiger, comme le fait d’acheter ou de vendre une propriété ou une entreprise, ou de recevoir un héritage considérable.
Changement d’exécuteur. Vous avez choisi votre exécuteur il y a quelques années déjà. Ce serait une bonne idée de vérifier s’il veut et peut toujours assumer cette responsabilité. S’il a déménagé au loin, il serait peut-être préférable que vous en nommiez un autre. Si votre succession est devenue plus complexe, vous pourriez souhaiter confier cette fonction à un professionnel ou à une fiducie.
Avez-vous besoin d’un fonds d’urgence?
Perdre son emploi, subir une diminution de salaire, attendre le premier versement d’une prestation d’invalidité, devoir effectuer une réparation urgente sur sa maison, voici quelques-uns des revers financiers pendant lesquels un fonds d’urgence pourrait vous sauver la mise.
Pour apprécier à sa pleine valeur l’importance d’un fonds d’urgence, il suffit d’imaginer comment on subviendrait à ses besoins en cas d’imprévu coûteux.
Éviter le stress financier
Puiser dans son épargne retraite pourrait retarder l’atteinte des objectifs à long terme, surtout si le marché est en baisse. Se servir de sa carte de crédit ou de sa marge de crédit revient à augmenter ses dettes alors qu’on peine à boucler son budget. Ces façons de faire ajoutent au fardeau financier, tandis qu’un fonds d’urgence vous aidera à faire face à la situation.
Couvrir ses besoins
Un fonds d’urgence — habituellement constitué d’argent liquide — devrait couvrir de trois à six mois de subsistance, mais cela varie en fonction des besoins. Par exemple, un travailleur autonome, chef d’une famille monoparentale, aura besoin d’un fonds plus imposant qu’un couple dont les deux conjoints sont salariés.
Quand on n’a pas beaucoup d’argent. On peut savoir qu’un fonds d’urgence est essentiel, mais ne pas en avoir parce que son budget est serré. Si tel est votre cas, commencez doucement. Mettez de côté un certain montant chaque mois, ou lorsque vous recevez votre paie, et ajoutez-y si possible votre remboursement d’impôt ou votre prime annuelle.
Avoir au moins un plan d’urgence. Certaines personnes préfèrent investir leur argent au lieu de garder un gros montant dans un compte d’épargne à bas taux d’intérêt. Mais rappelons qu’un fonds d’urgence sert à gérer le risque et non à générer de la croissance. Si toutefois l’idée du compte d’épargne vous déplaît, rien ne vous empêche d’échafauder un plan d’urgence, en y ajoutant un modeste fonds d’urgence.
Non seulement le fonds d’urgence vous apportera un filet de protection en cas de revers financier, mais vous aurez l’esprit plus tranquille en vous sachant capable d’affronter les imprévus.
Suivre de près sa carte de crédit
On ne pense pas toujours à vérifier les achats facturés sur sa carte de crédit, surtout si on n’a pas eu de problème jusque-là.
Cependant, personne n’est à l’abri d’une fraude ou d’une erreur. Il arrive qu’un magasin facture accidentellement deux fois le même achat ou oublie de rembourser un retour. Ou on pense avoir souscrit à un abonnement d’un mois, mais voilà que ce montant est automatiquement retiré les mois suivants. Quant aux fraudes, elles ont plusieurs visages : vol de données, hameçonnage par courriel ou par téléphone, etc. Un arnaqueur peut accéder à vos données par le biais d’un Wi-Fi public ou aux informations de votre carte de crédit grâce à un copieur de carte. Vous devriez vérifier le relevé de votre carte de crédit au moins une fois par mois, plus souvent si cela vous convient. Plusieurs institutions financières proposent aussi de vous envoyer une alerte — par texto, courriel ou notification dans l’appli — chaque fois qu’un achat apparaît sur votre carte.